A mon Maître

Je voudrais vous parler de celui grâce auquel
Je dois ce grand bonheur, d’avoir une famille
Mais il me faut d’abord, à vous me présenter
Je m’appelle « Taor » ! Je suis Setter Anglais
Il y de ça, quatre ans, année de ma naissance
Le trente et un décembre, je fis la connaissance

De deux personnes qui, avaient pris le parti
De choisir un p’tit chiot au sein de ma fratrie
Afin que de pouvoir l’offrir à leur vieux père
Et par amour pour lui , n‘hésitèrent pas à faire
Cent lieues en un matin, pour pouvoir l’acquérir.

Je les vis s’avancer, le pas lent, l’air chagrin
Vers l’enclos où j’étais parqué avec les miens
Si petit que l’on fut, chacun avait compris
Que dans notre portée, un seul serait choisi

Et tous à notre tour, nous avons essayé
Tout ce qui fut possible, pour être remarqué
Grande fut ma surprise, quand je vis une main
S’approcher de ma tête, caresser mon chanfrein,
Puis cette main robuste, se saisissant de moi
Me posa sur le sol où chacun m’observa

Ravi de cette aubaine, je me mis à courir
Et cette promptitude, les porta à sourire
Ils discutèrent un peu et sans être « cabot »
J’ avoue, sans modestie, qu’ils me trouvèrent beau

Mais ce qui, j’en suis sûr, détermina leur choix
Ce furent mes trois couleurs….. Mais je ne sus pourquoi !
Ce n’est qu’en arrivant à notre destination
Que j ‘obtins la réponse à mes supputations
Assis dans un fauteuil, était un homme âgé

On m’approcha de lui, je lui fus présenté
Malgré un pâle sourire, tandis qu’il me fixait
Je vis de ses paupières, que des larmes coulaient
– Comme il est beau ! Dit-il – C’est Lui, en plus petit !
Il a les mêmes couleurs. Oh ! Merci, mes petits

Que d’avoir accepté malgré vos réticences
De m’aider à combler le vide de l’ absence !
Je venais de comprendre. Quinze jours auparavant
Leur ami était mort et ce, soudainement

Et le papa, privé du fidèle compagnon
Qui le suivait partout, de la chambre au salon
Ne pouvant concevoir, cette absence supportable
Voulut le faire revivre à travers son semblable

Il avait souhaité un chien de mêmes couleurs
Pour que chacun de nous, se confonde en son cœur
Le cœur, presque aussi grand que l’était la stature
De cet homme de bien, Parangon de droiture

S’est arrêter de battre, il y a vingt cinq mois
Je n’ai pas même vécu, deux années sous son toit
Mais ce furent dix neuf mois, d’un amour sans partage
Il marchait lentement, en raison de son âge

Mais où qu’il soit allé, j’étais auprès de lui
Et lorsqu‘il se couchait, je m’ glissais sous son lit
J’ ose espérer avoir, pérennisé « Haskan »
Et si par dessus tout, j’adore ses enfants

Puisque c’est avec eux , que je vis désormais
Il demeure en mon cœur, dans toutes mes pensées
Et bien qu’ « Il » soit allé dormir en Paradis
Mon véritable Maître, se sera toujours « Lui »

Auteur : Dominique Bonavita
Marseille, 12 Août 2006 

 

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