Toi Mon Ami Vulcain

La mémoire se souvient, et le coeur saigne.
Je maudis ce jour ou j’ai eu tant de peine.
Ce jour où ma peine s’est transformée en haine.
Impuissant devant ce fatal destin.
Je venais d’abattre mon chien.

C’était mon meilleur ami, mon meilleur copain.
Compagnon d’infortune, ami de demain.
Nous en avons fait de la route ensemble, nous en avons parcouru du chemin.
Son dernier voyage nous l’avons fait ensemble, patte dans la main.

Les yeux dans les yeux je suis sûr qu’il me disait, « merci, je ne t’en veux pas, je t’aime mon copain ».
Les miens lui disaient « je ne t’oublierai jamais, mon fils VULCAIN ».

Je n’ai jamais vu quelqu’un qui avait la profondeur du regard de mon compagnon à quatre pattes.
Regard qui exprime la tendresse et l’affection, regard qui montre la complicité envers son maître.
Regard avec lequel il est inutile de parler, car c’est par lui que transite l’information.

Cette fidélité ancrée au plus profond de l’âme et que rien ne détourne sauf la mort peut être.
Ce rêve d’enfant je l’ai réalisé, celui d’avoir un chien, celui d’avoir mon chien.

Je ne regrette rien sauf peut être sa durée.
13 ans cela peut paraître long, trop court à mon avis, car j’ai donné sans compter mon amour à ce chien,
comme s’il avait été mon enfant.

Qu’est-ce que 13 ans comparé à l’éternité ?
Quand le jour du grand voyage arrive, le jour du dernier voyage le temps semble s’arrêter
et un millier de souvenirs surgissent de votre passé.
J’ai eu l’impression ce jour là que toute la misère du monde me tombait dessus.
Aujourd’hui encore j’ai du mal à en parler, car ce jour maudit je ne suis pas près de l’oublier.

Auteur : Pierre Burtin

 

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